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L’île de Ré au régime sans sel

Trop souvent réduite à son rôle de réserve – si peu naturelle – à touristes, on en avait oublié que l île de Ré restait malgré tout un terroir bien vivant. Et c’est hélas à la tempête que l’on doit aujourd’hui cette prise de conscience. Parmi les victimes collatérales de Xynthia, des ostréiculteurs et les pisciculteurs de Loix, bien sûr, mais aussi les vignerons, les producteurs de pommes de terre et enfin leurs collègues sauniers.

Calamité d’autant plus tragique que certains cumulaient parfois ces trois labeurs au sein de leur exploitation.

Noyées pendant plus d’une semaine sous l’eau de mer, 145 des 600 hectares de vignes insulaires ne sont encore que de boueux marigots dont on ne sait si le raisin ressurgira un jour.

Ce week-end, près de 300 bénévoles ont donné la main à des viticulteurs qui n’ont pour l’heure d’autre choix que de nettoyer leurs parcelles dévastées et envahies par les algues, principalement vers la Couarde-sur-Mer.

«Il faudra un gros mois avant de savoir si certaines vignes pourront repartir», prévient Christophe Barthère, le directeur de la coopérative.

Parmi les 70 viticulteurs rétais, 25 au moins se sont diversifiés dans la fameuse pomme de terre primeur élevée au rang d’AOC depuis 1998.

Douloureuse subtilité administrative enfin, le sel n’est pas reconnu en France comme un produit agricole, mais seulement comme une ressource minière.

«Peut-être que les gens qui connaissent notre région achèteront plus nos produits cette année», espère le vigneron David Turbé. Source

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