Saint-Domingue, été 1773 : ‘ay. à bord 417 captifs’

Les ports négriers ont-ils de la mémoire? Mais la plupart du temps c’est une mémoire dormante. Journaux de navigation, journaux de traite, bilan comptable des expéditions sur les côtes d’Afrique, etc., le tout dûment empaqueté, ficelé, rangé sur des kilomètres de rayonnages.

Et couvert de poussière\u2026 À La Rochelle, deuxième port négrier français après Nantes au XVIIIe siècle, on dispose ainsi de tonnes d’archives, municipales, départementales, sans parler des grimoires de la médiathèque.

Mais aujourd’hui historiens, universitaires, associations, écrivains, artistes, cinéastes, tous se passionnent pour cet épisode mal connu de l’histoire de La Rochelle.

Un épisode inscrit dans la pierre des arcades, le pavé des rues, des squares, les façades des hôtels particuliers.

C’est pourquoi les manifestations organisées en 2010, à l’occasion de la commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage, ont pour thème «Chairs noires et pierres blanches».

De son côté, la ville de La Rochelle a pris une initiative originale : la mise en ligne, grâce au fonds des archives municipales, de cinq documents relatifs au commerce triangulaire.

Depuis la mi-mars, chaque citoyen intéressé peut consulter les journaux de traite ou de navigation de cinq navires dont les armateurs se livraient au trafic d’esclaves, depuis La Rochelle ou Bordeaux, entre 1772 et 1791.

Toujours est-il que, même si la lecture des documents n’est pas très aisée, elle offre des témoignages passionnants sur ce qu’on a appelé le «noir passage».

Notamment à bord du «Roy Dahomey», qui navigue «en triangle» de La Rochelle au golfe de Guinée, puis à Saint-Domingue et retour. Source

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