« la ville de La Rochelle assume son passé »

La Rochelle n’a jamais vraiment nié son passé de ville négrière. Mais pendant longtemps, elle se contenta des livres d’histoire l’associant à Nantes et Bordeaux dans le commerce triangulaire sans rien inscrire d’autre dans la pierre que des plaques de rue aux noms d’armateurs esclavagistes ou de bateaux qui en furent les outils. «Elle assume son passé», note Jude Baptiste, conseiller de l’ambassade d’Haïti en France, présent hier pour dévoiler la plaque.

Cette journée du 10 mai, qui commémore l’abolition de l’esclavage, a été voulue par une ministre guyanaise, Christiane Taubira.

Elle prend, à La Rochelle, chaque année plus d’ampleur comme pour exorciser deux siècles de silence coupable.

J’ai le sentiment qu’en remettant ainsi sur le devant de la scène Toussaint Louverture, libérateur des esclaves, ce sont un peu les Français qui se libèrent de ce principe avilissant qui a dominé le XVIIIe siècle.

La promenade Toussaint-Louverture prolonge donc l’allée Aimé-Césaire, l’anticolonialiste, créateur du mouvement littéraire de la négritude.

Car il existe encore aujourd’hui, malheureusement, d’autres formes d’esclavage.

Si chaque 10 mai, on inaugure une nouvelle plaque en l’honneur d’un antiesclavagiste, le square Rasteau (1) finira pas passer inaperçu. S



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