Lacanau redoute le retour des flammes

Les torchères qui embrasaient les pins comme des allumettes se sont éteintes. Nous sommes hier après-midi, et la forêt canaulaise ne présente plus le visage terrifiant de ce mur de flammes qui avance. C’est un paysage de discrètes fumerolles à perte de vue, de flammèches qui grignotent quelques arpents de broussailles encore épargnées. Un brouillard jaunâtre stagne au-dessus des cimes roussies.

On ne sait pas si la fournaise monte du sol ou descend du ciel.

Quand le vacarme des Canadair cesse, ce qui reste de la forêt craque et chuinte, comme habité par des créatures serpentines qui fouaillent le sol en permanence.

Tout le monde pense très fort à un mégot de cigarette jeté par la vitre d’une voiture de passage.

Liquéfié dans son costume-cravate, le préfet Patrick Stéfanini se refuse à confirmer l’hypothèse.

En conversation sur le rond-point qui sert de QG aux pompiers, Jean-Michel David, le maire de Lacanau, est tenté de balayer les doutes.

Le rougeoiement des foyers et la fumée ont été les compagnes de la nuit de jeudi à vendredi, quand les pompiers s’escrimaient à contenir les flammes à l’est de la D 6, la route qui relie Lacanau-Ville à Lacanau-Océan.

En jeu, la sauvegarde de tout le quartier de Talaris, qui borde le lac, et des deux campings.

«Je n’ai pas dormi de la nuit», avoue, le visage creusé, l’exploitant du camping des Fougères, un deux-étoiles familial, que le vent d’est nimbe d’une odeur âcre.

Le spectacle est encore plus impressionnant depuis la plage du Moutchic, au bord du lac.

Ils tiennent la cabane Sports Océan, un club nautique qui dispense des cours et loue planches à voile, catamarans et stand up paddles.

L’incendie s’est replié mais n’est pas vaincu. S

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