Deux tonnes d’huîtres volées !

HuitreSur cette rive gauche de la Seudre, chenal de Coux, les ostréiculteurs cultivent l’art de l’affinage et donc de la valorisation du produit. Ici, le marais est travaillé quand il s’ébouriffe en friche dans d’autres chenaux. Pour un voleur d’huîtres, l’endroit est donc aussi tentant qu’une banque suisse l’est pour un perceur de coffres-forts.

Au grand dam des deux ostréiculteurs qui, aux abords du chenal dont les communes d’Arvert et de La Tremblade se partagent la ligne des eaux, viennent de se faire ravir une partie des joyaux de la couronne.

À deux reprises et à deux semaines d’intervalle, Philippe Favier a essuyé les affres d’une équipée nocturne.

500 kilos d’huîtres la première fois.

Plus d’une tonne au second vol qu’il estime avoir été commis le week-end dernier, prise du Grand Renaud.

Son voisin de marais, Daniel Counil, déplore sur la même période la disparition de 450 kilos.

Ils ont posé sur le bord des claires les casiers dans lesquels sont immergées les huîtres, par lots de cinq kilos.

Puis ils les ont vidés dans d’autres mannes, sûrement pour ne pas être confondus par notre matériel en cas d’arrestation.

Vu le volume brassé, et le peu d’huîtres perdues dans les bordures lors de ces manutentions, je peux vous dire qu’il s’agit de gars qui savent marcher dans un marais.

Un sentiment renforcé par la facilité avec laquelle ces noctambules ont déjoué les chausse-trappes tendues par les affineurs, comme le fait d’immerger les casiers dans une plus grande profondeur d’eau pour les masquer des regards, ou de les plonger dans le centre de la claire plutôt qu’en bordure du bassin argileux.

Il semble aussi qu’ils aient une fine connaissance du produit puisque les huîtres dérobées, mises à l’eau cet été, devaient grossir gentiment jusqu’aux fêtes pour y être vendues sous le label d’ultime finition : la pousse en claire, autrement dit la Rolls des huîtres creuses, charnue, au goût si subtil.

Philippe Favier estime la perte sur le produit fini à 25 000 euros, non couverte par les assurances, les garanties ne s’étendant pas aux claires.

Le producteur, qui n’est pas du genre à rester les deux pieds dans le même sabot, remue le landerneau politique local pour que «ça bouge».

Michel Priouzeau s’est entretenu du sujet avec son voisin trembladais et président de la Communauté d’agglomération du pays royannais, Jean-Pierre Tallieu. S

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