L’irrigation, une question centrale en Charente-Maritime

L’irrigation, une question centrale en Charente-MaritimeHydrologue, Emma Haziza est l’une des invitées du Forum européen de l’eau organisé à La Rochelle. Elle dénonce le captage d’eau dans les nappes et appelle à mieux préserver la ressource.

La Rochelle accueille ce mardi le Forum européen de l’eau imaginé à l’initiative du paysan charentais-maritime et député européen EELV Benoît Biteau. « Le Parisien » a échangé avec l’hydrologue et chercheuse Emma Haziza, l’une des intervenantes de ce rendez-vous et spécialiste des questions climatiques face au risque d’inondation.

En Charente-Maritime comme en Deux-Sèvres, pro et anti-bassines se déchirent sur la question du stockage de l’eau destiné à l’irrigation intensive des cultures.

Emma Haziza. Les pro-bassines affirment que l’eau est extraite des fleuves et rivières pour alimenter ces réserves. C’est faux, en réalité : l’eau est essentiellement prélevée dans les nappes, en milieu souterrain, avant d’être stockée en surface, à l’air libre et traitée avec du chlore. Entre 20 et 40 % de l’eau est perdue par évaporation.

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Je suis favorable aux petites retenues collinaires qui récupèrent les eaux de pluie par ruissellement, mais opposée au captage dans les nappes, un modèle californien de la gestion de l’eau qui ne profite qu’à quelques-uns. En Nouvelle-Aquitaine, la recharge des nappes pourrait chuter de 30 à 50 % d’ici à 2030 sous l’effet du réchauffement climatique. Cette tendance se vérifie partout en France. À force de pomper dans les nappes, celles-ci se fragilisent.

Seuls 9 % des eaux de pluie atteignent les nappes. En Charente-Maritime comme dans l’ex-région Poitou-Charentes, les nappes sont actuellement rechargées. Mais, il s’agit d’une situation en trompe-l’œil, liée à des conditions météorologiques particulières en France en 2021.

Les zones humides comme le Marais Poitevin sont nécessaires, elles génèrent à leur tour de nouvelles pluies, de nouvelles boucles du cycle de l’eau.

L’Agglomération de La Rochelle a depuis engagé une réflexion pour élargir les périmètres de protection autour de ces captages. Le rachat des terres est l’une des pistes avancées. Ce système devrait être développé partout en France afin de protéger les zones les plus fragiles.

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