Le dernier saut d’Alexandre Braquet à Royan

alexandre braquet a royanIl a fini par les rejoindre sur la plage de la Grande Conche, dans le Royan du XIXe siècle.Surtout dans les villes du bord de mer.Il y a bien longtemps qu’ils ont compris que c’est là où était le client.Un client en vacances, insouciant, béat devant les clowns, les lions et les trapézistes.Et pendant ce mois de juillet, il ne s’est pas passé une semaine sans qu’un chapiteau ne pousse du côté du stade.Audacieux rapprochement entre les trapézistes et les montgolfières allez vous dire en votre for.

Pour dire que non seulement leur appétence pour Royan n’est pas nouvelle, ni à l’un ni à l’autre, mais qu’en plus, il fut une époque ou les aérostiers et les acrobates s’entendaient comme larrons en foire pour épater le pékin avec des spectacles à couper le souffle.

Et pas seulement celui des spectateurs d’ailleurs.

Les messieurs à la moustache bien cirée, le canotier sur l’oeil transpirent un peu dans leurs costumes d’alpaga beige avec cette touffeur de fin de journée.

Si la foule se masse sur le front de mer près des toutes nouvelles Galeries Botton, fierté de l’ingénieur du même nom, c’est que les affiches placardées en ville leur ont annoncé un spectacle ex-tra-or-di-naire : le célèbre «aéronaute-gymnasiarque», Édouard Alexandre Braquet venu spécialement de Paris, va exécuter sous vos yeux, Mesdames zé Messieurs, un numéro de trapèze suspendu à un ballon captif, au-dessus de la plage.

Édouard Alexandre bondit sur le sable, fait rouler ses muscles d’acier sous son maillot moulant.

Les dames ont un petit frémissement devant ce corps d’athlète qui s’avance crânement vers le ballon posé au sol.

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