Sommés de rendre l’alambic

Sommés de rendre l'alambicLes bouilleurs de cru retraités sommés de rendre l’alambic. Il fait suite à un inventaire des alambics réalisé par les douanes dans la région l’an dernier. Dans la foulée, des viticulteurs ont reçu un courrier leur signifiant qu’ils n’avaient «plus vocation à détenir ou à louer leur alambic», rapporte le syndicat.

Nous n’accepterons pas d’être uniquement des producteurs de vin de table français. Pour quels marchés et quels revenus?

Voilà qui a en effet de quoi inquiéter. La viticulture charentaise risque-t-elle de se voir confisquer une prérogative qui constitue sa force et sa richesse?

Ce que le communiqué ne précise pas, c’est que les courriers ont été reçus par des viticulteurs à la retraite.

Or la réglementation est claire : un bouilleur de cru qui ne remplit plus de déclaration de récolte n’a pas le droit d’exploiter un alambic.

Chantal Bégaud, secrétaire générale de la Confédération paysanne de Charente-Maritime, ne conteste pas cette disposition.

Mais elle revendique une possibilité, celle pour le professionnel retraité de louer son installation.

Le sujet est délicat, tempère Jean-Bernard de Larquier, vice-président de l’interprofession.

Cet épisode semble en tout cas traduire une volonté de l’administration de resserrer les boulons, en s’appuyant sur l’inventaire de 2013.

À l’UGVC, la directrice, Marlène Tisseire, a compris le message. «Les douanes mettent en application les textes», note-t-elle.

Il y a deux cas de figure principaux : distiller soi-même sa propre production ou passer par un bouilleur de profession.

Il est également possible de louer sa distillerie à un confrère, mais cela doit passer par une transaction dûment encadrée.

«Un contrat de mise à disposition, c’est important, notamment s’il y a un problème, pour les assurances», souligne Marlène Tisseire.

L’enjeu est d’autant plus crucial que la viticulture a fortement investi dans son matériel de distillation ces dernières années.

Entrent également en jeu : la meilleure valorisation de son travail que permet le statut de bouilleur de cru, les aides qui favorisent les investissements et la restructuration des exploitations, qui grossissent.

résumé art Philippe Ménard de Sudouest



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