Les artisans nautiques

Les artisans nautiquesLes artisans nautiques. Avant de passer la main, Maxime Bono a été saisi par treize entrepreneurs du plateau nautique du bassin des Chalutiers. Dans un courrier cosigné, ils demandent au président de la Communauté d’agglomération rochelaise une modification du Plan local d’urbanisme sur le secteur du plateau nautique.

C’est que, par arrêté du 17 janvier 2013, le document d’urbanisme offre à l’absurde un cas d’école. La surprise vient ensuite : «à condition [que ces activités] ne constituent pas de nuisance vis-à-vis des espaces résidentiels proches […]», dit le règlement.

Dans ce quartier où un boulanger a été contraint de déménager parce que l’odeur de la fournée de croissants dérangeait les riverains, le contexte s’annonce gratiné pour les entreprises nautiques.

Car ces artisans poncent coques et ponts, sablent des carènes, peignent, travaillent la résine et les matériaux composites, stockent des matières dangereuses pour les besoins de leurs travaux.

Le nouveau plan local d’urbanisme pose en filigrane les questions de la mixité du quartier, entre habitat et activité nautique, et de la frontière entre calme et nuisance.

«Nous n’avons pas encore de plaintes des riverains, mais les problèmes de cohabitation sont de plus en plus sensibles», relève le copropriétaire du chantier Naval Force 3, l’une des deux plus grandes surfaces d’activité du plateau : 3 500 mètres carrés, dont 1 500 mètres bâtis.

Tous réclament au président de la CdA – qui ne leur a pas répondu – le reclassement du secteur en zone UA, là où les programmes résidentiels sont autorisés.

Le successeur de Maxime Bono va devoir prendre tout le temps qu’il faut pour digérer ce dossier, certainement plus lourd que des croissants au beurre.

Ils ne peuvent pas davantage faire appel à un promoteur, puisqu’en raison de la qualification actuelle du zonage, les résidences sont interdites.

Si le plateau doit rester un espace lié au nautisme, aucun problème. Mais dans le même temps, on voit des permis de construire des résidences tout près.

On dépense trois millions d’euros pour décorer le Musée maritime, et il nous est interdit de déranger les résidents lorsque nous travaillons.

Résumé art Philippe baroux de Sudouest

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